Glyphosate: la guerre du faux a bien eu lieu

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François Allard-Huver, Marianne, October 26, 2017

our défendre le Roundup, Monsanto a déployé un ensemble de techniques d’influence et de lobbying qui rappellent bien souvent davantage les romans de John Le Carré qu’un travail légitime de défense des intérêts d’un produit commercial.

Renouvellera, renouvellera pas ? L’incertitude sur le renouvellement de licence du glyphosate au sein de l’Union européenne reste entière. Cela fait suite au report, ce mercredi 25 octobre, d’un vote organisé à ce sujet par Bruxelles.

Une prochaine réunion devrait avoir lieu rapidement, la licence de l’herbicide contesté de Monsanto expirant au mois de décembre. La France, avec l’Italie et l’Autriche, s’oppose au renouvellement de 5 à 7 ans proposé pour ce produit, sans avoir pu cependant faire émerger une majorité en ce sens.

Si de nombreux experts scientifiques plaident depuis des années pour le retrait de cet herbicide classé cancérigène probable par le CIRC, les agences sanitaires (européenne, française et allemande) d’évaluation des risques ont à de nombreuses reprises réaffirmées que dans de bonnes conditions d’utilisation, la molécule contestée ne pose pas de risque sanitaire majeur ; selon ces mêmes agences, ce produit ne peut, par ailleurs, être considéré comme cancérigène. L’Anses reste plus circonspecte et milite depuis longtemps pour un travail d’évaluation plus poussé des effets du glyphosate.

Face à la levée de boucliers de l’opinion publique, avec notamment la remise d’une pétition d’Initiative citoyenne européenne cumulant à ce jour 1 320 517 signatures (Stop Glyphosate), la position de certains États membres est de plus en plus en faveur d’un retrait progressif de la molécule avant son interdiction définitive.

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